Encourager les étudiants à manifester

Une enseignante britannique a été suspendue pour avoir encouragé ses étudiants à participer à une manifestation — une des nombreuses manifestations étudiantes ayant eu lieu récemment au Royaume-Uni. Teacher ‘urged pupils to skip class’ dans l’édition du 8 février du journal britannique The Independant.

Je me demande comment on traite les cas similaires au Québec. Sans avoir encouragé explicitement mes étudiants à faire la grève, j’ai ouvertement appuyé les revendications des principales associations étudiantes, dont celle du cégep St-Laurent. Ces associations ont proposé aux étudiants à voter en faveur de journées de grèves en novembre et décembre dernier. Je considère que d’exprimer mon appuis aux revendications des associations étudiantes n’est pas la même chose que de les encourager à rater des cours. J’ai toujours pris soin de préciser à mes étudiants qu’ils étaient libre de décider si la grève était un moyen efficace d’atteindre leur objectifs ou si ces objectifs leur conviennent ou non.

Bien que je crois qu’un prof qui se respecte ne devrait pas encourager ses étudiants à rater des cours sans raison valable, je considère bien plus importante la liberté du professeur d’avoir des discussions avec ses étudiants sur la société — orienté par le contenu des cours ou non — et celle de prendre position dans ces discussions. Le professeur doit pouvoir ouvertement être critique de l’État, de la société et, surtout, du système d’enseignement et de sa propre institution d’enseignement. Le système d’enseignement et son financement ont un impact direct sur le futur rapproché de mes étudiants. Comme je me soucie d’eux bien au delà du cadre étroit des cours de mathématiques que je leur donne, je ne peux pas rester indifférent quand ils se posent des questions sur leurs perspectives d’avenir.

Si jamais vous lisez ceci et que vous avez des exemples intéressants à partager, je serais heureux de les compiler et de les publier ici.

Beating the teapot effect

À mes amis amateurs de thé: je viens de découvrir une prépublication en
physique intitulée Beating the teapot
effect
. Les auteurs y décrivent différentes manière d’éviter qu’une théière
dégoutte quand on verse le thé. Sur le site de l’un des auteurs,
on peut trouver deux vidéos (voir « hydrophilic vs super hydrophobic teapot) »
qui montre la différence entre un bec de théière normal et un bec de théière
traité pour qu’il soit « super hydrophobic ».

On peut lire un résumé vulgarisé de
l’article
sur le Physics ArXiv Blog.

Mettre en ligne les documents obtenus par la loi sur l’accès à l’information

Les créateurs du site Governement Attics se sont donné pour but de rendre accessible en ligne le plus grand nombre possible de documents gouvernementaux états-uniens ayant été obtenus par
la loi sur l’accès à l’information.

Je ne sais pas ce qui arrive habituellement à ces documents quand des journalistes en obtiennent copie. Je ne crois pas qu’ils soient mis à la disposition du public, mais ça me semble un très bon moyen pour aider les électeurs à critiquer leur gouvernement. Comme peu de gens savent comment faire une demande d’accès à l’information, publier les documents obtenus leur permet au moins d’avoir un… accès réel aux documents obtenus. De plus, on peut espérer que la centralisation en une seule source collective favorisera sans doute des recoupements inattendus entre les informations des différents documents.

L’étude Follow through sur les méthodes d’enseignement

Je viens de découvrir le projet Follow
Through
via ce billet de
Normand Baillargeon
.
Il s’agit d’une immense étude comparant les mérites respectifs des différentes
méthodes d’enseignement. Elle analyse des données allant de 1967 à 1977; le
projet a été financé jusqu’en 1995. Selon cette étude, la meilleure approche
est l’instruction directe,
qui consiste, d’après les descriptions que j’ai lu jusqu’à maintenant, en
présentations structurées et interactives données par un professeur maitrisant
très bien la matière enseignée et suivies d’exercices. Je crois que c’est
l’approche utilisée par mes collègues du département de mathématiques au cégep
St-Laurent et moi-même.

À ma connaissance, il n’y a aucune étude de cette ampleur qui justifie les
décisions prises dans notre actuelle « réforme. » Si vous en connaissez, je
suis très intéressé.