Comme si nous étions déjà libres

Couverture comme si nous étions déjà libres

David Graeber, Comme si nous étions déjà libres, Lux éditeur, 2014.

Recention que j’ai écrite pour la revue À Babord.

Le titre de cette traduction française de l’ouvrage The Democracy Project  : A History, a Crisis, a Movement n’indique pas aussi bien que le titre original les différents angles que l’auteur – l’anthropologue activiste David Graeber – prend pour critiquer et analyser la notion de démocratie, son histoire de même que la place et la forme qu’elle a prise dans le mouvement des indigné·e·s et d’Occupy Wall Street. Cependant, le titre choisi en français exprime beaucoup plus clairement l’optimisme général se dégageant des notes et analyses présentées dans cet ouvrage, ainsi que sa conclusion centrale.

Graeber souscrit à la thèse de l’historien Immanuel Wallerstein selon laquelle le succès des mouvements révolutionnaires ne se trouve plus dans la prise de contrôle des gouvernements, mais dans leur effet à long terme sur la société. On retrouve dans son analyse, sous de multiples formes, cette idée qu’il est encore possible de provoquer des révolutions qui réussissent à transformer les idées dominantes. L’action directe est le mode d’action central étudié dans cet ouvrage ; l’auteur la définit de la manière suivante : « s’obstiner à agir comme si l’on était déjà libre. »

Graeber commence par nous livrer sa version des événements qui sont à la base du mouvement Occupy Wall Street. Étant lui-même un des protagonistes principaux ayant initié ce mouvement, ce récit montre dans le détail comment un mouvement d’une telle ampleur a pu débuter. L’auteur propose une analyse des résultats de la mobilisation et des causes de sa réussite. Le succès du mouvement se constate aisément dans la faveur générale qu’il suscite : campements dans plusieurs centaines d’autres villes d’Amérique du Nord et à travers le monde, couverture médiatique étendue et rare pour un mouvement de contestation. L’auteur identifie certains éléments ayant favorisé le succès du mouvement, notamment le niveau d’endettement record et l’usage de la démocratie directe. Un des succès les plus importants du mouvement Occupy est d’avoir montré qu’il est possible de s’organiser par la base selon un mode participatif, tout en rappelant que des alternatives au néolibéralisme sont possibles.

Dans le chapitre « La foule commence à raisonner », Graeber se consacre ensuite à l’histoire du concept de démocratie. La lecture qu’il en fait est similaire à celle de Francis Dupuis-Déri dans Démocratie : histoire politique d’un mot : la « démocratie » n’a pas toujours été une idée désirable et maintes dispositions ont été mises en place pour limiter les possibilités de participation directe aux décisions.

Enfin, la dernière partie du livre se veut une forme de guide pratique pour l’action et la démocratie directes basé sur l’expérience de l’auteur et sur sa connaissance des différents mouvements de résistance. Une section intéressante est consacrée à la prise de décisions par consensus et donne un certain nombre de principes de fonctionnement visant à éviter les possibles dérives tout en s’assurant que tous et toutes puissent prendre part aux discussions.

Mathématiques en liberté

Mathématiques en libertéMathématiques en liberté, La ville brûle, Montreuil, 2012.

Deux mathématiciens, Pierre Cartier qui fut l’un des piliers du fameux groupe Bourbaki et Cédric Villani, un des représentants les plus brillants de sa génération, le mathématicien et historien des sciences Jean Dhombres, et le philosophe des sciences Gerhard Heinzmann nous invitent à débattre avec eux de l’activité mathématique et de ses conséquences sociales, tant dans l’histoire de l’humanité que dans le monde contemporain.
Trois grandes directions ont été explorées par les auteurs dans leur dialogue :

  • la relation, très complexe et objet de discussions et points de vue opposés, entre les mathématiques et la réalité ;
  • la liberté que la construction des mathématiques a donné aux hommes en leur permettant de développer les sciences de la nature, mais aussi celle dont les mathématiciens ont besoin pour développer leurs recherches ;
  • la responsabilité avec laquelle la communauté scientifique et les gouvernements doivent traiter la question de la place des mathématiques dans la politique de recherche et l’enseignement.

Algorithms unplugged

VÖCKING, Berthold, 2011. Algorithms unplugged. Heidelberg; New York : Springer. ISBN 9783642153273 3642153275.

Algorithms specify the way computers process information and how they execute tasks. Many recent technological innovations and achievements rely on algorithmic ideas–they facilitate new applications in science, medicine, production, logistics, traffic, communication and entertainment. Efficient algorithms not only enable your personal computer to execute the newest generation of games with features unimaginable only a few years ago, they are also key to several recent scientific breakthroughs — for example, the sequencing of the human genome would not have been possible without the invention of new algorithmic ideas that speed up computations by several orders of magnitude. The greatest improvements in the area of algorithms rely on beautiful ideas for tackling computational tasks more efficiently. The problems solved are not restricted to arithmetic tasks in a narrow sense but often relate to exciting questions of nonmathematical flavor, such as: How can I find the exit out of a maze? How can I partition a treasure map so that the treasure can only be found if all parts of the map are recombined? How should I plan my trip to minimize cost? Solving these challenging problems requires logical reasoning, geometric and combinatorial imagination, and, last but not least, creativity — the skills needed for the design and analysis of algorithms. In this book we present some of the most beautiful algorithmic ideas in 41 articles written in colloquial, nontechnical language. Most of the articles arose out of an initiative among German-language universities to communicate the fascination of algorithms and computer science to high-school students. The book can be understood without any prior knowledge of algorithms and computing, and it will be an enlightening and fun read for students and interested adults.

L’enseignement du droit et la reproduction des hiérarchies : une polémique autour du système

Kennedy, Duncan, 2010. L’enseignement du droit et la reproduction des hiérarchies : une polémique autour du système. Montréal : Lux Éditeur. ISBN 9782895960911

L’enseignement du droit et la reproduction des hiérarchies est une critique mordante, pamphlétaire et nécessaire de l’enseignement du droit aux États-Unis. D’abord lu par ceux qui souhaitaient faire une place à la pensée critique dans l’enseignement du droit, ce texte est aujourd’hui l’un des plus cités tout au cours de la formation des avocats. Il a influencé une génération d’étudiants et de professeurs aux États-Unis et au Canada.

When less is more : visualizing basic inequalities

ALSINA, Claudi et NELSEN, Roger B, 2009. When less is more : visualizing basic inequalities [en ligne]. Washington, D.C. : Mathematical Association of America. ISBN 9780883853429.

The proofs in When Less is More are in the spirit of proofs without words, though most require at least a few words. The first inequalities presented in the book, such as the inequalities between the harmonic, geometric, and arithmetic mean, are familiar from analysis, but are given geometric proofs. The second and largest set of inequalities are geometric both in their statements and in their proofs. Toward the end of the book some inequalities are more analytical in their statements as well as their proofs.