Culture hacker, hacks et création, création politique et politique de la culture

Ceci est une version en ligne d’un texte qui a été publié dans le no 15 des Nouveaux cahiers du socialisme.

La numérisation graduelle de l’information de toute nature, la globalisation des canaux d’échanges d’information numérique et l’accès grandissant aux outils informatiques pour traiter et produire cette information ont eu un impact indéniable sur l’ensemble des activités humaines. Les processus et les échanges créatifs ont aussi été influencés par ces changements technologiques.

L’accès aux premiers ordinateurs a donné naissance à une culture dite « hacker », centrée sur l’exploration créative de leurs possibilités. Cette culture est celle des hackers et des autres bidouilleurs informatiques de tout acabit. La curiosité et l’inventivité des hackers ont contribué de manière importante au développement de l’informatique et d’Internet. Tout en valorisant l’accomplissement de créatives prouesses techniques (« hacks »), les hackers sont mus par la croyance que l’accès général aux ordinateurs, à un réseau global et à de nouveaux modes d’interaction humain-machine peut transformer radicalement toutes les sphères de l’activité humaine. Cet optimisme se butant à des limites juridiques faisant obstacle aux développements des possibilités positives de l’informatisation, les hackers ont, au fil des années, articulé différentes conceptions des conditions politiques permettant de perpétuer sans entraves l’exercice de la curiosité et de la créativité au cœur de leur culture et de promouvoir ce qu’ils conçoivent comme les possibles impacts sociaux positifs de l’informatisation. Cela s’est cristallisé dans une défense farouche du libre partage de l’information et d’une certaine forme d’anti-autoritarisme exprimée à travers la coopération volontaire et l’adoption de modes alternatifs d’organisation du travail.

En adoptant les nouveaux outils informatiques, plusieurs artistes ont été influencés par cette culture et l’ont intégrée de différentes manières dans leurs œuvres ou directement dans leur processus créatif, allant de la simple illustration de cette fascination pour l’informatique à une participation active au monde hacker par l’exploration créative des nouvelles possibilités techniques et le partage de leurs inventions. Cette adhésion a permis de donner une dimension politique à l’art numérique.

Continuer la lecture de Culture hacker, hacks et création, création politique et politique de la culture

Syndicalisme et informatique libre — Une rencontre possible ?

Syndicalisme et informatique libre — Une rencontre possible? , publié dans le numéro 63 de la revue À bâbord! et repris sur le site de Ricochet. Extrait:

On le sait, le syndicalisme vise à défendre les intérêts des travailleurs et des travailleuses et à transformer la société par l’action collective de ceux-ci et celles-ci. Les luttes syndicales ont mené à plusieurs progrès sociaux majeurs comme la fin du travail des enfants, la diminution des heures de travail et l’instauration d’un salaire minimum.

Moins connu, le mouvement pour l’informatique libre vise quant à lui à établir une culture de l’appropriation collective des nouvelles possibilités créées par l’informatique par le partage de l’information technique et par la lutte contre toutes les formes de limitations légales à ce partage. Pour promouvoir cette culture, les « libristes » défendent aussi la liberté d’expression sur Internet, combattent les brevets logiciels, militent pour le libre accès aux publications scientifiques et prennent maintes autres positions connexes.

Lors de la dernière Semaine québécoise de l’informatique libre (du 19 au 27 septembre 2015), l’organisme FACIL, pour l’appropriation collective de l’informatique libre, a tenu une rencontre sur le thème très rarement abordé « Syndicalisme et informatique libre » afin de faire le portrait des liens entre ces deux univers. Ce texte se veut un bilan de cet événement.

On doit malheureusement faire le constat que ces deux mouvements n’ont trouvé pratiquement aucun point de rencontre, même s’ils pourraient être nombreux. Cette situation est déplorable, le mouvement écologiste a pourtant réussi à gagner un certain niveau d’appui syndical. Rien de tel pour l’informatique libre : au Québec, les rares mentions des logiciels libres dans le discours officiel des organisations syndicales portent presque exclusivement sur la question de l’octroi des contrats informatiques gouvernementaux qui, tel que reconnu par la Cour supérieure, exclut sans motif valable les logiciels libres pour favoriser les grands monopoles informatiques.

On doit aussi faire un constat similaire pour les associations faisant la promotion de l’informatique libre : elles n’ont généralement aucune position au sujet de l’informatique au travail ou du syndicalisme chez les programmeurs et programmeuses.

Lire la suite sur le site de Ricochet

Syndicalisme et informatique libre

Je co-organise pour FACIL, pour l’appropriation collective de l’informatique libre une discussion ouverte à tous sur le thème « Syndicalisme et informatique libre ». Cette activité aura lieu dans le cadre de l’édition 2015 de la semaine québécoise de l’informatique libre. La discussion portera autant sur la non-adoption des logiciels libres par les institutions publiques que sur le lien entre l’informatique libre et l’autonomie professionnelle, en passant par les conditions de travail en informatique et l’exploration des liens entre les positions des organisations syndicales et celles des organisations militantes du libre. Il ne s’agit donc pas d’un exposé sur les positions syndicales au sujet de l’informatique libre — car il n’y en a pas vraiment ! — mais d’une discussion pour faire le portrait des liens possibles et pour proposer des idées d’actions. Les organisateurs rêvent que cela mène à une position qui pourrait être reprise par des organisations syndicales ou à une recherche conjointe par ces organisation et FACIL.

La rencontre aura lieu au Cégep du Vieux-Montréal, local 4.01, mercredi le 23 septembre à 18h30.

Mise à jour février 2016: mon article Syndicalisme et informatique libre — Une rencontre possible? inspiré des discussions ayant eu lieu lors de cette rencontre vient d’être publié dans le numéro 63 de la revue À bâbord! et repris sur le site de Ricochet.

The real privacy problem

Morozov, The real privacy problem, MIT technology review, octobre 2013.

He also recognized that privacy is not an end in itself. It’s a means of achieving a certain ideal of democratic politics, where citizens are trusted to be more than just self-contented suppliers of information to all-seeing and all-optimizing technocrats. “Where privacy is dismantled,” warned Simitis, “both the chance for personal assessment of the political … process and the opportunity to develop and maintain a particular style of life fade.”

Journée internationale du logiciel libre à Montréal

logo_Facil-160px-blanc« Depuis 2004, les libertés accordées par le logiciel libre sont célébrées internationalement à chaque année le troisième samedi de septembre et le Québec ne fait pas exception. » FACIL, pour l’appropriation collective de l’informatique libre, organise pour l’occasion un événement au Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM), le samedi 21 septembre 2013. Voir le site officiel pour plus de détails.

« Gouvernance » démocratique de l’Internet

Dans l’article Urgent action required for democratising the global governance of the Internet Other News propose de mettre la « gouvernance » d’Internet dans les mains de l’ONU parce que la commercialisation croissante des services Internet menace l’Internet puclic. La dominance de Facebook, Amazon et cie pourrait en arriver à privatiser une partie des protocoles de communication.

Je ne peux m’empècher de faire le parallèle avec le monde du travail : quand les investisseurs profitent trop du gain en productivité qu’on fait grâce à une meilleure organisation de la collaboration, la réaction a été la mise en place de mécanismes pour protéger l’intérêt public au sein de l’État. En sommes nous là concernant Internet ?

Mathjax

Mathjax est un projet libre de librarie javascript soutenu financièrement par plusieurs organismes et éditeurs importants en mathématiques afin de pouvoir afficher facilement du contenu mathématique de haute qualité sur web. Je l’utilise maintenant sur mon site personnel, mon site pour mes étudiants et bien sur pour ce carnet. Le rendu typographique est très beau, et peut être « zoomé ». Voici par exemple les deux parties du théoreme fondamental du calcul:
$$\frac{d}{dx}\int_a^x f(t)\,dt = f(x)$$
$$\int_a^b f'(x)\,dx = f(b)-f(a)$$

Pour utiliser mathjax, on peut simplement ajouter un peu de code dans l’entête html, ce qui aura pour effet de charger la librairie à partir du serveur central du projet. Cette méthode a l’avantage de ne pas exiger l’installation locale de mathjax.

Poste Canada poursuit Geolytica au sujet d’une base de donnée de code postaux

Poste Canada vient le lancer une pousuite contre geocoder, un groupe qui a compilé une base de donnée de code postaux à l’aide de volontaires. C’est ce qu’on apprend dans dans le billet Canada Post Files Copyright Lawsuit Over Crowdsourced Postal Code Database de Michael Geist.

Poste Canada prétend que la loi sur le droit d’auteur s’applique à leur base de donnée, même si ll’information a été ammasée à l’aide d’un groupe fournissant volontairement de l’information et non en utilisant la banque de donnée de poste canada et même si l’information est possiblement trop simple pour que la loi sur le droit d’auteur s’applique (on ne peut avoir de droit sur une adresse postale par exemple).

Capacité mondiale de calcul, de stockage et de communication d’information

Article qui montre que la capacité mondiale totale de calcul est maintenant comparable à celle d’un cerveau humain et qui analyse l’évolution de la répartition du stockage et de la capacité de calcul entre les différents formats (inc. photos analogues, cassettes audio et disques vinyles).

The World’s Technological Capacity to Store, Communicate, and Compute Information, Martin Hilbert and Priscila López, Science, 2011

Il faut absolument regarder le matériel complémentaire en ligne, qui contient les données détaillés utilisées pour cette étude.

Je compte utiliser cette source pour préparer un exposé d’introduction présentant les grandes idées de la théorie de l’information. Ces données me serviront à montrer l’évolution de la capacité de transmission et de stockage au cours des dernières années. J’aimerai présenter l’impact social du passagede certains seuils, comme par exemple le moment où nous avons eu pour la première fois la capacité d’envoyer de la vidéo en temps réel.

Mettre en ligne les documents obtenus par la loi sur l’accès à l’information

Les créateurs du site Governement Attics se sont donné pour but de rendre accessible en ligne le plus grand nombre possible de documents gouvernementaux états-uniens ayant été obtenus par
la loi sur l’accès à l’information.

Je ne sais pas ce qui arrive habituellement à ces documents quand des journalistes en obtiennent copie. Je ne crois pas qu’ils soient mis à la disposition du public, mais ça me semble un très bon moyen pour aider les électeurs à critiquer leur gouvernement. Comme peu de gens savent comment faire une demande d’accès à l’information, publier les documents obtenus leur permet au moins d’avoir un… accès réel aux documents obtenus. De plus, on peut espérer que la centralisation en une seule source collective favorisera sans doute des recoupements inattendus entre les informations des différents documents.